L'action de grâce d'un sexagénaire
Plus légère plane la ronde des heures
Au-dessus des cheveux déjà gris,
Car ce n’est qu’en inclinant la coupe
Que brille l’or de son fond.
Le pressentiment des ténèbres prochaines
N’effraye pas, il soulage !
La joie pure de contempler le monde
Reste à celui qui ne désire plus rien,
Qui ne se demande plus ce qu’il a accompli,
Qui ne se plaint plus de ce qu’il a manqué
Et pour qui vieillir
N’est plus que le simple commencement d’un adieu.
Jamais les perspectives ne miroitent plus librement
Que dans l’éclat des lumières du départ,
On n’aime jamais plus sincèrement la vie
Qu’à l’ombre du renoncement.