Le ciel est étoilé par les obus des Boches La forêt merveilleuse où je vis donne un bal La mitrailleuse joue un air à doubles croches [...] Je t’écris ô mon Lou de la hutte en roseaux Où palpitent d’amour et d’espoir neuf coeurs d’hommes Les canons font...
Dieu ? Il faut se méfier des noms et des mots. Dieu. L’espèce. Les ordre. L’univers. Dieu ? Quelqu’un, quelque chose semble avoir organisé la vie. Il est bien difficile de croire que tant de merveilles, tant d’astuces miraculeuses, tant d’ingéniosité...
Bien sûr... Il n’y a qu’à vivre... C’est ce que nous faisons tous, c’est ce que tu fais d’habitude. Mais il suffit d’un instant... Tu es assis là, sur une pierre chaude ou le sable de la plage, ou sur le bois poli de la chaise où tu t’assieds jour après...
« Mon pauvre enfant » me dit un jour un vénérable vieillard curé ému par mon angoisse et qui avait lui-même trouvé depuis longtemps la paix dans les automatismes d’une foi enfantine, « mon pauvre enfant, ce sont des mystères, ne cherchez pas à comprendre......
Chaque connaissance nouvelle, chaque pensée hardie accroît l’épaisseur du mur qui nous entoure. Parfois une crise de claustrophobie suffocante nous jette contre lui, tête en avant. Mais il nous repousse inéluctablement dans le sensible et le raisonnable....
Mon petit Lou adoré Je voudrais mourir un jour que tu m’aimes Je voudrais être beau pour que tu m’aimes Je voudrais être fort pour que tu m’aimes Je voudrais être jeune jeune pour que tu m’aimes Je voudrais que la guerre recommençât pour que tu m’aimes...
Vous qui venez ici dans une humble posture Débarrasser vos flancs d’un importun fardeau, Veuillez, quand vous aurez satisfait la nature Et déposé dans l’urne un modeste cadeau, Epancher dans l’amphore un courant d’onde pure, Sur l’autel tout fumant poser...
Il était familier avec tous les arts, à la manière d’un dilettante, mais le dédain qu’en homme de qualité il nourrissait pour la pratique de ces arts était plus fort que l’amour qu’il avait pour eux : il leur devait mille heures ravissantes, sans leur...
L'action de grâce d'un sexagénaire Plus légère plane la ronde des heures Au-dessus des cheveux déjà gris, Car ce n’est qu’en inclinant la coupe Que brille l’or de son fond. Le pressentiment des ténèbres prochaines N’effraye pas, il soulage ! La joie pure...
Comme je m’étais fait un devoir, à propos des écrivains ou des oeuvres étrangères, de rechercher dans une biographie ou un essai, les causes de leur action sur leurs contemporains ou au contraire de leur échec, je ne pus éviter de me demander, au cours...
Dieu. Voilà de nouveau ce nom gênant. Chaque fois que nous le rencontrons, il provoque dans notre esprit un réflexe immédiat d’adoration ou de haine, d’humilité ou de ricanement, ou de pseudo-indifférence qui est peut-être l’attitude la plus négative...
Le langage n'est pas la vérité. Il est notre manière d'exister dans l'univers.
Jamais un mari ne sera si bien vengé que par l’amant de sa femme.
Je me souviens d’avoir entendu parler de deux femmes qui s’aimaient sincèrement et vivaient en paix sans médire l’une de l’autre, quoique jeunes toutes deux ; l’une était sourde, l’autre aveugle.
Quand une femme aime vraiment un homme, il peut lui faire tout ce qu’elle veut. (Proverbe américain)
Le malheur est une espèce de talisman dont la vertu consiste à corroborer notre constitution primitive : il augmente la défiance et la méchanceté chez certains hommes , comme il accroît la bonté de ceux qui ont un cœur excellent.
Il est plus facile d’être amant que mari, par la raison, qu’il est plus difficile d’avoir de l’esprit tous les jours que de dire de jolies choses de temps en temps.
La franchise ne consiste pas à dire tout ce que l'on pense, mais à penser tout ce que l'on dit.
Heureux qui, profitant des plaisirs de la terre, Baisant un petit cul, buvant dans un grand verre Remplit l’un, vide l’autre et passe avec gaieté Du cul de la bouteille au cul de la beauté.
Une femme donne à son mari deux jours de bonheur : celui où il l’épouse et celui où il l'enterre.
Même le suffrage universel ne définit point la Démocratie. [...] Un tyran peut être élu au suffrage universel et n’être pas moins tyran pour cela. Ce qui importe, ce n’est pas l’origine des pouvoirs, c’est le contrôle continu que les gouvernés exercent...
Le chaos est la loi de la nature ; l’ordre est le rêve de l’homme.
Le paradis, à n’en pas douter, n’est qu’une immense bibliothèque.
On a beau se cuirasser d’égoïsme, on n’éprouve pas moins un certain remords à penser que nombre de gens ont faim, et pas assez pour en crever.
Il faut garder son écœurement pour les choses qui font vraiment vomir.